DE L’APPROCHE PATERNALISTE A LA COPRODUCTION DE SOINS (SOIGNANT/SOIGNE) DANS LA RELATION THERAPEUTIQUE AU SERVICE D’ENDOCRINO-DIABETOLOGIE DU CHU DE YOPOUGON
Publication Date : 27-12-2024
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La chronicité, l’incertitude de la maladie, les exigences médicales du traitement (achat d’insuline, examens médicaux du diabète) occasionnent parfois le retrait des malades du circuit de soins. Pour maintenir les malades dans la relation thérapeutique, les soignants s’engagentils dans des processus de négociation en mettant en exergue la coproduction des soins. Les médecins transcendent l’approche paternaliste pour impliquer le malade dans la production des soins et le suivi médical. Cette étude vise donc à montrer l’enjeu de la coproduction dans la relation des soins. Avec 7 soignants (2 médecins, 2 infirmiers, 2 aides-soignants, 1 nutritionniste) et 30 diabétiques âgés sélectionnés à l’aide de la technique par cas multiples de Pires (1997) au Service d’Endocrino-Diabétologie du CHU de Yopougon, des entretiens semidirigés ont été réalisés du 02 au 30 Juin 2018. La technique de l’analyse de contenu a été utilisée pour donner sens aux résultats. Le coût financier du diabète sur de long terme engendre davantage les soignants dans un processus de négociation quant à la production de l’ordonnance. Le soignant interroge le patient sur le mode de traitement adéquat en tenant compte de son capital financier. Aussi, il implique le malade dans les décisions thérapeutiques telles que le passage à un traitement radical (amputation) ou les objectifs thérapeutiques (administration de l’insuline pour une stabilité glycémique). Aussi, les malades âgés « marchandent » autour du type de traitement à administrer et son déroulement (le passage a l’insuline), la durée du séjour d’hospitalisation et l’origine du médecin traitant à cause de leur appartenance ethnique. Les ressources utilisées par les médecins dans ce processus de négociation se déclinent en termes de proximité linguistique (l’usage des langues vernaculaires), usage des pratiques de rapprochement (taper sur l’épaule, tenir la main), mobilisation de l’idéologie de la parenté (identique patronyme, appartenance ethnique) et des alliances à plaisanterie. Globalement, ces stratégies de négociations conduisent à une meilleure participation des malades aux soins. Toutefois, les négociations engagées par les malades autour de l’injection à l’insuline complexifient l’état de santé du diabétique. La coproduction de soin (soignant- soigné) permet de penser le malade comme acteur de sa maladie. Il ne se contente plus de subir le traitement médical, il peut l’influencer et même participer pour une meilleure adhésion thérapeutique.
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Mots-clés:
Coproduction du soin, Négociation, relation thérapeutique, adhésion thérapeutique, Abidjan
